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Vendredi 24 novembre 2017

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Introduction

MANUFACTURES DES PRODUITS CHIMIQUES DU NORD

ETABLISSEMENTS KUHLMANN

Analyse de 1954 :

Société Anonyme au capital de 6 100 millions de F
Siège Social à Paris , 11 rue de Baume
Les filiales se trouvent dans la région lilloise à Loos, Wattrelos, et dans la région du Nord à Anzin, Harnes , Courrières , Chocques.
L'usine de La Madeleine se trouve à cheval sur trois communes : Marquette , St. André , La Madeleine







Les origines de la société datent de 1824. C'est Frédéric KUHLMANN ( Colmar 1803 - Lille 1881), professeur et savant, qui, constatant les besoins pressants de l'industrie textile en produits chimiques ( ceux ci venaient jusqu'alors de l'étranger) a pris l'initiative de créer dans le Nord cette branche de production.
En 1825 , une commandite par actions fut fondée à Loos pour fabriquer surtout de l'acide sulfurique u tilisé dans la teinturerie , blanchiment et sucrerie.
En 1842 , la société devient une commandite ( on dit une Société en commandite quand elle comporte deux sortes d'associés , les uns étant solidairement tenus des dettes de la société sur les fortunes personnelles , les autres - dit commanditaires - ne l'étant qu'à concurrence de leur apport)
simple, ellepossède à cette époque ' usines : Loos, La Madeleine, St André et Anzin.
En 1847, la société a racheté à La Madeleine l'usine CLAES , fondée 5 ans auparavant.
Depuis 1855 , l'établissement a pris le nom social de KUHLMANN et Cie. et , en 1870, est devenue Société Anonyme.
Enfin ,en 1924 , a été réalisé la fusion avec la Société Nationale des Matières Colorantes.
A la veille de la guerre de 1914, l'usine de La Madeleine occupait une surface de 27 Ha. avec un accès au canal sur une longueur de 800m.
La surface bâtie était de 5Ha. la voie ferrée de 4,600 kM., la force motrice de 2000 HP ( C.V.)et le nombre d'ouvriers de 830.







Pendant l'occupation de 1914/1918 furent enlevés 150 000T. de matières premières pour unevaleur de près de 9 millions de F.1914.Le plomb à lui seul valait 5 millions pour 7 000T. confisquées.
L'usine a été modernisée. En 1929 on a construit une centra le à vapeur et une centrale électrique pour remplacer 3 anciennes chaudières qui étaient situées à des endroits assez éloignés l'un de l'autre. En 1954 , on a fait la peinture générale.
La centrale à vapeur est complétée par deux chaudières ajoutées en 1933.
Elle comprend actuellement 6 chaudières ( en 1954)consommant 200T. de charbon par jour soit le contenu d'une péniche.
Deux cheminées de 80m. dominent les bâtiments.La centrale électrique a une puissance de 11 000HP ( C.V.)et deux groupes de 1 500.Pour la production normale, un seul groupe suffit , l'autre étant en réserve.
Le courant est de 10 000V., transformé à l'intérieur de l'usine ( par plusieurs transformateurs) en celui de 3000V.
L'usine se sert aussi du courant de 10 000V. venant de l'E.D.F.Les transformateurs permettent d 'utiliser l'énergie
de la sous-station tant intérieure qu'extérieure. Celle ci est amenée de la station St. Roch par câbles souterrains.
Dans l'ensemble l'usine dispose de 8 transformateurs utilisa
bles pour les deux sources d'énergie.







La vapeur est distribuée à partir de la centrale, par une canalisation aérienne très importante, utilisée surtout pour la production de l'ammoniac.On a adopté le principe de la canalisation aérienne d'un accès plus facile pour les répa rations et l'entretien.
L'usine est découpée par le canal de la Deûle, dont les bords sont reliés par un pont mobile à l'intérieur de l' usine. Le canal sert pour l'arrivage des matières premières et en partie pour l'expédition des produits. L 'arrivage comprend du coke et du charbon, des pyrites et du soufre.
Les déchets de l'oxyde de fer sont expédiés par péniche.
Les eaux du canal sont pompées pour desservir les réfrigé rateurs et pour alimenter les chaudières. L'eau est filtrée par des grilles et ensuite épurée chimiquement pour changer les sels de calcium en sels de sodium afin d'éviter les dépôts calcaires dans les chaudières.
A part le canal l'usine est desservie par les embranchements ferroviaires directs avec la gare de La Madeleine sans passer par le réseau de la Société des Emlbranchements Industriels de Marquette.
Il y a également un trafic important de camions qui assurent la liaison avec d'autres usnes Kuhlmann de la région, par exemple l'ammoniac est amené de l'usine de Loos , car la production de Marquette ne suffit pas pour les besoins de son usine.
La production est organisée en 4 sections :
Ammoniac ; acide sulfurique ; acide nitrique ; Engrais phosphatiques
On produit aussi l'oléum ( seule partie concernant la chimie organique), ains que le silicate.
L' usinecomprend en outre des bureaux, laboratoire ,garages, ateliers, ateliers de réparation, etc...
C 'est la production de silicate et la section des engrais phosphatiques qui se trouvent sur le territoire de Marquette
Ici, on peut noter que sur Marquette il y a des magasins de matières premières et des produits finis qui donnent beau coup de poussières. Les bâtiments des ateliers , construits en 1938 , (Ternaires) comportent 6 étages et font 40m. de hauteur. Ces ateliers produisent normalement 200T. d'engrais par jour ( 1954). On expédie jusqu'à 1000T. par jour en certaines périodes.







On note que cette partie est à l'origine des émanations les plus nocives pour l'environnement.
Les phosphates de chaux sont travaillés par l'acide nitrique pour obtenir les nitrates de chaux , soude phosphatique et potasse. Les matières premières arrivent de l'étranger ( phosphates du Maroc) par le port de Dunkerque et quand , après guerre , ce dernier ne foctionnait pas , les arrivages se faisaient par Anvers.
De Dunkerque les marchandises sont acheminées par péniches jusqu'à l'usine. L'expédition alimente le marché régional.

L'équipement social est assez développé et comprend :
- service sanitaire
- Goutte de lait
- une coopérative
- cours du soir ( couture)
- stade ( Donat Agache)

En voulant limiter le nombre d'accidents qui désorganisent le travail , et pour encourager les ouvriers à plus de prudence , la Direction a institué depuis 1952 , une prime spéciale pour les équipes de sections ayant le travaillé le plus grand nombre de jours sans accident.
Pour apprécier les résultats de cette initiative , il suffit de comparer les moyennes mensuelles d'accidents qui étaient:
en 1952 : 11,5 ; en 1953 : 4,8.
Les records par sections, à la date du 11 juin 1954,étaient les suivants :
1°) nitrate de soude 990 jours sans accident
2°) centrale-poste 823
3°) garage 717
4°) service électrique 668






Le personnel est logé en partie par l'usine. Sur le terri toire de Marquette on compte 70 maisons ( occupées par les ouvriers) dont 41 susceptibles d'être classées comme insa lubres en raison de leur vétusté et de l' insalubrité géné rale ,et presque la totalité en raison du voisinage immédiat de l'usine (zone de fumées , etc...). En plus de ce chiffre, 14 logements ont été démolis en partie par les événements de guerre (Cour du Gaz-ou cité Courbet)et en partie pour agran dir les installations industrielles de Kuhlmann.
Actuellement ( 1954) les démolitions , très souhaitables par ailleurs,ne sont pas envisagées , car la Direction de l'usi ne de La Madeleine-Marquette a 150 demandes de logements en instance.
En ce qui concerne les lieux d'habitations des ouvriers des Ets. Kuhlmann,nous avons les renseignements suivants :
Si l'on compte uniquement le personnel qui travaille sur le territoire de Marquette, il y a 175 personnes dont : 16 habitent Marquette et 159 les communes environnantes.
En ce qui concerne l'ensemble du personnel, l'usine donne les indications suivantes , elles se rapportent uniquement aux ouvriers :
Sur 1261 ouvriers en totalité, il y en a 93 qui habitent 31 communes par groupes de 1 à 5 ouvriers par commune.
Les groupes à partir de 6 sont répartis ainsi :

La Madeleine 247
Lille 223
Marcq en Baroeul 185
Marquette 143
St. André 121
Wambrechies 48
Quesnoy 18
Lomme 16
Bondues 10
Roubaix 9
Armentières 8
Hellemmes 8
Wasquehal 8
Bailleul 7
Erquinghem 7
Mouvaux 7
Mons en Baroeul 7
Thumesnil 6
Ronchin 6
Pérenchies 6
Total = 1108







Si l'on observe la cité à vol d'oiseau on constate que l'on aperçoit les environs qu'à travers les fumées , c'est Kuhlmann qui en est la cause,car tous les autres établis sement utilisent presque exclusivement l'énergie électrique
(toujours en 1954) On peut noter que d'après certains ren seignements,(par exemple Direction de l'Asile de Lommelet)
l'épuration des émanations nocives appliquées par l'usine Kuhlmann , le rayon d'action nocif a diminué dans une certaine mesure , mais ce sont toujours les quartiers exposés aux vents dominants qui sont atteints.
En premier lieu il s'agit du quartier de l'Abbaye qui se trouve au pied de l'usine Kuhlmann, où, à travers le brouillard de différentes émanations de gaz et vapeurs , on voit les toitures et les murs couverts par une couche blan châtre de poussières, tandis que les arbres et les plantes sont peu nombreux ou mènent une vie rachitique.
Sans parler des influences néfastes , tout au moins désagré ables pour les hommes, on constate les dommages causés à certaines installations industrielles ou autre du voisinage
(par les usines Kuhlmann) et on connait une plainte déposée auprès des Tribunaux de Lille ( la S.A.M.E. fut en procès contre les Ets. Kuhlmann en 1954 et leur ont réclamé domma ges et intérêts pour les préjudices causé continuellemnt. Par exemple : la nouvelle cuverie installée en novembre 1952 comporte des vannes en bronze et des grillages en cuivre ; ces grillages qui devraient normalement servir 15 ou 20 ans,doivent être changés ici tous les mois.
Les vannes elles mêmes doivent être protégées par des feuilles de mica.
Les câbles téléphoniques à l'intérieur de l'usine sont à remplacer tous les trimestres et on sera amené à les mettre sous plomb pour assurer un fonctionnement normal de l'instal lation . On nous signale que la TEPRINA a toujours refuser de faire ces installations chez Kuhlmann, car , s'engageant par contrat d' assurer leur bon foctionnement, elle serait dans l'impossibilité d'y faire face dans des conditions rentables.
Le ressort de la sonnerie électrique à la porte d'entrée de l'usine doit être changé tous les 6 mois.
Les chromes des voitures de la S.A.M.E. se rouillent après 3 mois d'usage.( la Direction de la S.A.M.E. a d'ailleurs fait analyser la composition de l'air lors des émanations inten ses...)







Il est évident que Marquette n'est pas seule à souffrir de tout ces inconvénients, une partie de La Madeleine , un des quartiers les plus peuplé de Marcq en Baroeul- le quartier du Pont- et parfois des environs plus éloignés.
La Direction des Ets. Kuhlmann a néanmoins son point de vue. On cite le fait concret ; le Directeur de cette usine a souligné dans son discours , lors de la célébration offi cielle à la mairie des Noces d'Or de trois ménages de Marquette qui , (par une coïncidence curieuse) sont d'an ciens travailleurs de Kuhlmann, logés à proximité de l'éta blissement , ont conservé, malgré leur âge avancé , une bonne santé.

Les constructions d'habitations, avant la création des tram ways , étaient toujours élevées dans la proximité immédiate des usines , mais une grande partie des maisons du quartier du pont de l'Abbaye est plus récente que la ligne de tram ways et les terrains plus éloignés restent libres jusqu'à nos jours (1954)

Les constructeurs étaient conscients des conséquences pou
vant résulter du voisinage immédiat de Kuhlmann , et ainsi ces habitations ont été faites aux risques et périls des occupants , à l'époque où le zonage imposé n'éxistait pas.
Cependant la situation s'est agravée d'une façon considéra ble en 1938, depuis l'édification de nouveaux ateliers sur le territoire de Marquette avec les émanations nocives parti
culièrement abondantes et dans le voisinage direct des habitations.( ce sont les Ternaires).
Cette extension industrielle a été autorisée à l'époque ou plusieurs textes en vigueur pouvaient y être opposés.
Un problème particulièrement complexe à Marquette ,en 1954 , est celui des maisons et ilôts insalubres . Un coup d'oeil sur l'état des constructions à Marquette donne une impres sion alarmante : les taudis parsèment la superficie de la commune de nombreuses tâches lépreuses.
On arrive à un total de 245 maisons insalubres , 50 baraque ments; soit près de 300 "immeubles" où grouille une popula tion d'un millier de personnes dont les conditions physiques et morales sont plus que primitives .Il est important de sou ligner le caractère des ilôts insalubres de Marquette qui dans la plupart des cas sont bien différents des courées de Roubaix ou La Madeleine et peuvent être comparés plutôt aux constructions de la "zone".
Une partie des maisons insalubres se trouvent au voisinage de Kuhlmann . A cet endoit, tout un quartier , composé de maisons non vétustes par leur état , peut être classé comme insalubre en raison de l'emplacement défectueux.







Influences des émanations sur les personnes ; les végétaux ; les installations.
a) Influence sur les personnes :
- 1°) Pour les organismes déjà déficients , ces émanations constituent un facteur incontestablement négatif.
- 2°) Par contre chez les "bien portants" (accomodation) au
cun malaise caractéristique n'est décelé par les médecins.
- 3°) Il est indéniable que , surtout en cas de pluie et de nuages assez bas, ce qui est fréquent à Marquette, les habitants sont incommodés: yeux rougis , picotements de la peau, irritation de la gorge avec toux, etc...
- 4°) L'aération des pièces d'habitation est impossible dans certaines conditions atmosphériques, surtout la nuit, au moment du délestage des gaz par l'usine.

b) Influence sur les végétaux :
Dans la proximité de l'usine ,les arbres ,fleurs et légu mes portent des traces d'un climat défavorable. Dans un rayon de 300m. autour des dépôts d'engrais , les jardins sont couverts d'une couche de poussiére blanche. Certains légumes ne supportent pas l'action des gaz qui sont évacués par l'usine au cours de la nuit ( pour moins géner les habitants).
Dans la quartier du Pont de Marcq on appelle couramment les potagers " jardins Kuhlmann" synonyme des jardins rendus stériles tant par les émanations nocives que par la saturation du sol par les dépôts chimiques.


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c) Influence sur les installations :

Sur ce point, les opinions sont unanimes : les parties métalliques des constructions , les installations téléphoni ques et de signalisation, tout appareillage plus délicat ou exposé , même sporadiquement aux influences extérieures ,exi
gent des réparations ou remplacement trop fréquents; ces délais d'usure sont variables suivant l'éloignement du foyer d'émanations.
Les dégâts constatés par la Sté. Magenta Epernay (S.A.M.E.) ont incité celle-ci à déposé une plainte auprès du Tribunal de Lille.
En général , les influences insalubres ou incommodes peuvent être constatées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des immeubles.
Dans le secteur proche des Ets. Kuhlmann dit quartier de l'Abbaye, les nappes brumeuses couvrent les rues et les constructions d'un voile quasi permanent, bien caractéristi ques pour ce secteur. Ainsi les rideaux et le linge deman dent des lavages plus fréquents, comme les meubles et les murs intérieurs, salis trop rapidement.

Portée des émanations nocives :
Il est certain que la portée des émanations nocives des Ets. Kuhlmann dépassent les limites du territoire communal.Le secteur atteint englobe le quartier dit du Pont de L"Abbaye" avec les rues Chanzy , Faidherbe , de Lille , St Antoine de Padoue et Gal. Leclerc dans un rayon d'environ 400m.autour du grand atelier-tour (Ternaires)à Marquette.
C'est le rayon d'action permanente. Mais le quartier du Pont de Marcq , distant de 700m.,est souvent couvert aussi par les "brouillards Kuhlmann"
En effet, par exemple le 23 juin 1954, temps sec et beau, on a observé au cours de l'après-midi (17-21h.)une nappe bleue de vapeur ou de gaz qui glissait , à 1-2m. de la surface du sol, et formait une couche d'une vingtaine de mètres d'épais seur.Les gaz dégageaient une forte odeur.
Ce phénomène a été constaté jusqu'à une distance de 1500m.en ligne droite des Ets. Kuhlmann , même à l'est du quartier du Pont de Marcq, au long du canal de Roubaix.
De pareilles nappes apparaissent très rarement , 4 ou 5 fois par an, mais d'habitude elles ont une teinte jaune.
Les sondages effectués sur place, tant auprès des personnali tés compétentes que de simples particuliers , confirment dans les grandes lignes , la délimitation théorique , calcu
lée en fonction de la rose des vents, (fréquence et intensi té)et qui se rapporte au rayon d'action des gaz et vapeurs en question.
Il est évident qu'il y a des secteurs particulièrement tou chés et insalubres où les influences de Kuhlmann et des canaux se superposent.
En conclusion et conformément à l'avis exprimé en début du présent rapport, l'enquête effectuée apparait comme insuffi sante. Pour l'approfondir il faudrait en effet :
- Observer ces phénomènes d' une façon permanente et pendant une période assez longue.(12 à 18 mois)
- Demander la collaboration des spécialistes : médecins et ingénieurs chimistes.







L'urbaniste n'est pas qualifié pour entreprendre une telle tâche. Lors de l'enquête auprès des divers services et orga nismes nous avons constaté :
manque d'éléments d'information à la bibliothèque de la Faculté de Médecine où l'on ne trouve ni littérature spécia lisée , ni thèse consacrée à ce sujet si important pour la salubrité de la région.
On peut même signaler entre autre que le personnel de la Bibliothèque était surpris que nous trouvions que ce sujet concernait la médecine et nous a renvoyé vers les Services Départementaux d'Hygiène qui d'ailleurs , ne possèdent aucune documentation spécialisée.
On peut signaler que les spécialistes de l'Université de Liège ont mis au point pour le Groupement d'Urbanisme de la région de Liège une méthode d' investigations spéciale en ce qui concerne la pollution de l'atmosphère par les émanations d'usines.
Le problème le plus important est bien celui de l'influence précitée sur la vie des habitants ,et il mérite certainement d'être étudié à fond. L'urbaniste propose donc de confier cette enquête détaillée aux spécialistes.
Le problème des émanations pourrait être résolu ainsi :
- Assurer un filtre chimique des émanations de l'usine, ce qui est déjà en partie appliqué.
- Frapper le quartier spécialement exposé aux influences no
cives ( quartier du Pont de l'Abbaye) d'une sezrvitude non-aedificanti pour l'habitation
- Etablir les écrans de verdures comme ci-après.







Ecrans de verdures :

L'établissement des écrans de verdures autour des usines est possible , sur ce plan, il faut noter l'effort de la munici palité qui a aménagé dernièrement un square au long des dépôts de Jean Cibié , rue Pasteur.
Les écrans de verdures peuvent être constitués
- Soit à l'intérieur des usines
- Soit à l'extérieur, sur des terrains mal utilisés, par exemple aux abords des canaux.
Les fonctions de ces écrans sont les suivantes :
- absorber les gaz nocifs , fumées et aussi poussières
- localiser et étouffer les bruits
- cacher les installations industrielles inesthétiques et donner un cachet plus plaisant à l'agglomération
Enfin , la production du bois peut être rentable pour la collectivité.On doit planter des peupliers d'âge différent et ensuite les abattre et les replanter progressivement.
Cette méthode , appliquée depuis une longue date dans le Pas de Calais ,( par exemple dans le groupement d'urbanisme d'Hesdin), ou à l'étranger ( Luxembourg),donne des résultats satisfaisants et augmente les ressources communales.

Réf. "Rapport documentaire devant servir de base pour le projet d'aménagement de MARQUETTE lez LILLE juin 1954"
Ministère de la Reconstruction et du Logement





Ce tableau qui reflète fidèlement la situation de Marquette en 1954, et particulièrement du quartier de l'Abbaye,n'est pas très optimiste mais c'est celui que les enquêteurs du Ministère ont trouvé en venant à Marquette.
Ceux qui ont connu la vie des ouvriers de ce quartier savent parfaitement de quoi nous parlons...
Combien de fois , en effet , n'avons nous pas entendu chaque jour de la semaine , à midi moins cinq, puis à midi pile , la "trompe" ( ou corne de brume) des Ternaires ? Et le défilé quotidien , pendant 1/4 h. , du flot d'ouvriers qui quittaient Kuhlmann, Verley ou S.A.M.E., entre autres ?
Combien de fois aussi n'avons nous pas entendu les habitants du quartier se plaindre des dégradatioc causées aux peintu res des façades d' habitations? Ou cette odeur d'ammoniac qui prenait la tête et faisait pleurer les yeux ?
Mais aussi , combien de familles qui vivaient du travail d'un des leurs chez Kuhlmann ?
Signe des temps , tout , ou presque à disparu aujourd'hui
( ou disparaîtra prochainement)
C'était pourtant la vie de ces "petites gens" qui ont fait la richesse des Industriels , en donnant parfois de leur vie
Combien en reste t il ? Et combien se souviennent ? Ce paragraphe , en tous cas , est là pour en témoigner...

En juin 1982 la Communauté Européenne a pris une directive dite "Sévéso" dont le but est de prendre des mesures dans l'organisation des secours et en matière d'urbanisme aux alentours des sites " à risques" entrant dans le cadre de ladite Directive...
Ainsi 330 entreprises ont été concernées en France. Cette zone de protection portée d'abord à 300m.a été amenée à 500m.( Arrêté Préfectoral du 21 juin 1996).
Cet Arrêté impose un P.I.G. ( Projet d'Intérêt Général)pour la création d'une zone de protection de 500m. autour du site Rhône-Poulenc ( ex. Kuhlmann) afin de protéger les personnes et sites inclus dans ce périmètre contre les accidents éventuels pouvant résulter du site chimique.
En fait ce qui est construit dans ce périmètre le restera , mais il est interdit de construire d'avantage y compris pour les bâtiments commerciaux et industriels...

Il n'en fallait pas plus pour que les propriétaires , même modestes, du quartier du Pont de l'Abbaye , qui est le plus touché par la directive, se mobilisent.Une association est même créée . D'après enquête des membres de celle ci , il y aurait plus de 200 propriétaires d'habitations ou de commer ces qui seraient lésés.
Une réunion eut lieu en Mairie de Marquette le jeudi 20 février 1997. Il faut souligner que le Premier Magistrat de la ville , M. Jean DELEBARRE , n'était pas étranger à un tel mouvement; ainsi il a suggéré que chacun signe un texte qui sera remis à un Commissaire Enquêteur , M. BESIEUX , Ingé nieur Divisionnaire des Travaux Publics.
Deux études ont été réalisées en 1986 et 1987 , elles ont répertorié les risques que représente Rhône-Poulenc/
- Emanation de phosphore à,la suite d'une rupture de tuyauterie de chlore ou , en cause , la rupture d'un "flexible" reliant wagon et réservoir d'ammoniac ,ou encore, émanations d'ammoniac par rupture de tuyauterie...






Dernière modification le : 21/11/2006 @ 09:44
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Moulin Despretz

Introduction

Epilogue

compléments

revue de presse

G.Malteries

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